COVID-19 et cancer

Gustave-Roussy aux avant-postes

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Le Pr Fabrice Barlesi, directeur médical et directeur de la recherche clinique à Gustave-Roussy, a présenté en session plénière « COVID-19 et cancer » du congrès virtuel de l’AACR les 27 et 28 avril derniers, une analyse précoce de la gestion de crise COVID-19 à Gustave-Roussy. Le premier centre européen de lutte contre le cancer en Europe s’est adapté avec agilité pour gérer l’épidémie.

« Premier centre de lutte contre le cancer en Europe, Gustave-Roussy a été fortement impacté comme les autres hôpitaux d’Île-de-France dans la gestion de l’épidémie de COVID-19, voire plus concernant sa réanimation », a indiqué le Pr Barlesi. Plus de 1 300 malades ont été testés. Parmi eux, 12 % étaient atteints de COVID-19, dont 137 atteints de cancer et 37 sans pathologie cancéreuse associée. La majorité de ces malades a été hospitalisée (75 %) et la majorité est également déjà de retour à domicile (69 %). Néanmoins, l’Institut déplore au total 14,8 % de décès liés au COVID-19 chez les malades hospitalisés, ce qui reste comparable, voire légèrement inférieur, à la situation française ou en Île-de-France (18 %).

En ce qui concerne plus précisément la réanimation, ses capacités ont bondi de 250 % en quelques jours. Le service a pris en charge au total 37 patients atteints de COVID-19, dont 18 non atteints de cancer. Trente patients ont dû être intubés. Le taux de décès à ce jour (22 %) est très inférieur à ce qui est observé par ailleurs. Vingt-deux pour cent des malades passés en réanimation sont déjà de retour à domicile. « Ces chiffres témoignent du haut niveau de la structure et des réanimateurs de Gustave-Roussy », s’est félicité le Pr Barlesi.

Une analyse précoce de ces données a permis de mettre en exergue des facteurs de risque associés pour les patients atteints de cancer. « Un mauvais état général, une pathologie hématologique et une chimiothérapie cytotoxique pour une maladie métastatique dans les trois mois précédant l’infection au COVID-19 sont autant de facteurs associés à un risque de détérioration clinique (besoin en oxygène élevé ou décès) deux à trois fois plus élevé », a-t-il observé.

En revanche, le sexe, l’âge, l’indice de masse corporelle, être fumeur ou un traitement par immunothérapie ou thérapie ciblée dans les trois mois précédents ne semblent pas avoir d’impact.

Gustave-Roussy a déployé quatre essais cliniques : un dont il est le promoteur ; il s’agit de l’essai Oncovid dont l’objectif est de caractériser l’évolution de l’infection à COVID-19 chez les patients atteints de cancer. Cet essai est dirigé par le Dr Aurélien Marabelle. Gustave-Roussy participe également à trois autres essais (Corimuno, Icare et ImmunOncovid).

Trois études translationnelles et dix études observationnelles sont en cours. Au total, près de 400 malades ont été inclus à ce jour. « L’effort de recherche doit être poursuivi et la participation aux essais cliniques maintenue tant que la prise en charge des malades atteints de COVID-19 n’est pas standardisée », a ajouté le Pr Barlesi.

Sophie Carrillo

D’après un communiqué de presse de Gustave-Roussy.

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