Cancers du poumon métastatiques

Résultats préliminaires du projet PIONeeR

Article

Ce vaste programme de recherche de biomarqueurs PIONeeR explore plus de 400 paramètres différents avant et au cours des traitements (présence de checkpoints immunitaires, de globules blancs tueurs de tumeurs, de cellules immunosuppressives, mais aussi ADN tumoral circulant, composition du microbiote, état de santé du patient…) chez des patients atteints de cancers bronchiques avancés, traités par des inhibiteurs de checkpoints. Les premières données obtenues sur 100 premiers patients sur un total de 450 prévus suggèrent déjà des facteurs prédictifs de leur réponse à l’immunothérapie.

Ces premiers résultats portent sur le volet biomarqueurs du projet, piloté par HalioDx. Les analyses réalisées sur deux séries de biopsies de patients (avant et six semaines après le début de l’immunothérapie) confirment que leur état de santé, évalué par un score appelé ECOG, est le meilleur indicateur de survie. Les premières données suggèrent aussi que d’autres paramètres comme l’expression de PD-L1 à la surface des cellules composant la tumeur, et pas seulement les cellules cancéreuses, ou la présence de lymphocytes T cytotoxiques au centre de la tumeur ou à l’interface avec le stroma (le milieu dans lequel baignent les cellules) sont prédictifs de la réponse à l’immunothérapie. Ils révèlent d’autres caractéristiques jamais mises en évidence comme la présence de lymphocytes T cytotoxiques à l’interface entre la tumeur et le tissu sain, ou celle de cellules immunosuppressives, comme les lymphocytes T dits régulateurs, dans les tissus cancéreux. Le Pr Fabrice Barlesi (Gustave Roussy) rapporte ainsi que « la caractérisation et la quantification des cellules immunitaires semblent apporter une forte valeur ajoutée aux facteurs cliniques pour prédire la réponse ou la résistance aux inhibiteurs de checkpoints des patients ».
De nouveaux patients et de nouvelles analyses vont venir affiner ces données « jusqu’à obtenir des “immunogrammes” permettant de voir en “un coup d’œil” le profil de chaque patient afin d’établir sa probabilité de réponse aux inhibiteurs de checkpoints. Cette nouvelle immunothérapie de précision combine les dernières avancées de l’immuno-oncologie aux nouvelles technologies d’imagerie et à l’intelligence artificielle », complète Fabrice Barlesi. La deuxième phase du projet, qui a débuté récemment, est un essai clinique ombrelle qui mesure les bénéfices comparés de multiples combinaisons de traitements chez des patients dotés de profils immunitaires distincts, avec là encore un seul et unique objectif : identifier la combinaison qui aura les meilleures chances d’améliorer sa survie et sa qualité de vie.

Dr Sylvie Le Gac

Présentation Proffered Paper – LBA53- à l’ESMO 2020

Copyright © 2021 RCFr, les Rencontres de la Cancérologie Française - Tous droits réservés. - Réalisé par l'Agence Profession Santé