COVID-19 et cancer

Les diagnostics tardifs en temps de COVID impactent les chances de guérison

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L’impact de la COVID-19 et la présentation des grandes lignes de la stratégie décennale de lutte contre le cancer ont été au cœur de la conférence de presse organisée par Jean-Yves Blay, président d’Unicancer, et Sophie Beaupère, déléguée générale, avec la participation d’Axel Kahn, président de la Ligue nationale contre le cancer et Thierry Breton, directeur général de l’Institut national du cancer (INCa).

Concernant l’impact de la crise sanitaire COVID-19, Unicancer a noté entre 5 % et 30 % de baisse de l’activité de dépistage selon les structures pendant le pic épidémique. Très peu d’études européennes en la matière existent. Une analyse à l’échelle nationale doit être faite sur l’impact de la COVID-19 sur la surmortalité des patients atteints de cancer. « Il faudra probablement plusieurs mois, voire plusieurs années, pour disposer des données suffisantes pour évaluer l’impact de la COVID-19 sur l’architecture de dépistage. Les diagnostics tardifs chez des patients qui ne consultent plus en raison de la crise sanitaire peuvent avoir un impact sur les chances de guérison », a regretté Jean-Yves Blay. « Dès le 8 mars, la Ligue nationale contre le cancer a averti les personnes atteintes d’un cancer et a mis en place une ligne d’écoute médicalement dédiée avec plus de dix cancérologues et la réception de près de 2 000 appels. Unicancer et la Ligue nationale contre le cancer ont collaboré étroitement en faveur des patients, dès le début de la crise sanitaire », a souligné Axel Kahn.

Les centres de lutte contre le cancer (CLCC) ont contribué à l’élaboration et s’engageront dans la mise en œuvre de la stratégie décennale, aux côtés de l’INCa. Unicancer a produit une contribution sur la base de 46 propositions autour de quatre objectifs majeurs :

  • Améliorer le dépistage et la prévention, secondaire ou tertiaire.
  • Améliorer la qualité de vie des patients traités pour un cancer et prévenir les séquelles.
  • Progresser dans le domaine des cancers de pronostic défavorable.
  • Réduire les inégalités d’accès.

Concernant le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche, voté en première lecture à l’Assemblée nationale dans la nuit du mercredi 23 septembre dernier, Unicancer préconise notamment un rapprochement des CLCC avec les universités en s’appuyant sur des conventions bipartites, afin de donner un cadre et une légitimité juridique aux partenariats entre les CLCC et les universités.

Enfin, pour 2021, Unicancer entend mener plusieurs programmes phares :

– Des projets pour améliorer le parcours des patients. « On guérit de plus en plus de patients avec des traitements qui se prolongent. Le traitement des patients à domicile est crucial. Le suivi du patient nécessite plus de fluidité et Unicancer met en œuvre de nombreux outils et projets pour y contribuer », souligne le président d’Unicancer.
– Valoriser les parcours des professionnels et favoriser l’attractivité des carrières. « D’un point de vue managérial, notre premier objectif est de valoriser les parcours des professionnels des CLCC. Des parcours adaptés sont le gage d’avoir les meilleurs praticiens au sein de notre réseau », indique Sophie Beaupère.
– Développer des programmes « transformants » utilisant l’intelligence artificielle, notamment pour mesurer l’impact réel des stratégies thérapeutiques et pour mieux diagnostiquer les patients.

Michel Le Taillanter

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